La mauvaise hygiène menstruelle due au manque d’éducation préalable, aux tabous, à la
stigmatisation persistante mais aussi à l’accès limité aux produits hygiéniques pour les
menstruations, sans oublier les infrastructures sanitaires inadéquates, compromettent les
possibilités d’éducation des jeunes femmes et filles congolaises.

République Démocratique du Congo- Rutshuru : La vie des déplacés internes vivant au sein des camps à travers la RDC, n’est pas du tout facile en général et plus particulièrement chez les jeunes filles dont l’équation demeure de plus en plus compliquée.

À, 14 ans, Aline Mwamini, vient de voir ses premières menstruations. Bien qu’elle ait entendu ses aînés en parler de temps en temps, elle ne se rendait pas compte que son heure était si proche.

 » C’était vers midi, quand j’ai senti un liquide qui coulait dans mon sous- vêtement. Je me suis dépêchée aux toilettes pour voir ce qui m’arrive.  » racontât-elle.
Du moment qu’elle venait de confirmer de quoi il s’agissait, elle devait agir conséquemment. Toutefois, elle ignorait que faire!

“Je me suis approchée de ma grande-sœur. Cette dernière m’a donné l’une de ses serviettes. Ensuite, elle me montra comment le plier pour que je ne tâche pas ma robe”, dit-elle.

Pour se fabriquer de serviettes hygiéniques, elle a dû déchirer à plusieurs morceaux, le seul pagne dont elle avait en sa possession. N’ayant que deux sous-vêtements et quelques morceaux de son vieux pagne, elle ne pouvait pas se sentir à l’aise de sortir et de passer ses journées avec les autres comme d’habitude.

 » Même trouver de l’eau pour me laver est un défi. Je me sens moins pure pendant mes règles. Je préfère rester dans mon coin, loin de la vue des gens. ,  » se confie-t-elle.

Mwamini, n’est pas la seule à être confrontée à la difficulté de gérer l’hygiène menstruelle. Vivant dans des camps de personnes déplacées où règne une extrême pauvreté, l’accès aux produits d’hygiène de base n’est pas promis. En conséquence, de nombreuses filles ont du mal à réussir à l’école, choisissant d’abandonner et plongeant leur avenir dans l’incertitude.

Au moins 500 millions de femmes et de filles dans le monde, ne disposent pas d’installations adéquates pour la gestion de l’hygiène menstruelle. Cette situation conduit ces femmes à la non- réalisation de diverses potentialités qu’elles incarnent.

Emeline Zawadi, 21 ans, vit depuis six ans dans les camps de personnes déplacées de Kiwanja, au Nord-Kivu, dans l’est de la RD Congo. Elle a abandonné l’école à l’âge de 15 ans car à chaque fois qu’elle avait ses règles, elle arrêtait d’aller à l’école. Ses absences répétées l’ont conduite au découragement et à l’abandon définitif.

 » Je craignais l’odeur que je pouvais dégager car n’ayant pas de serviettes appropriées et
l’accès facile à l’eau. A cause de cela, j’ai fini par comprendre que les études n’étaient pas mon lot.  » raconte-t-elle.

Aujourd’hui, Zawadi vit avec ses deux enfants, dont le cadet n’a qu’une année pendant que l’aîné en a deux ; tous des pères différents. Localement, elle travaille dans un mini-bar où elle gagne 30.000fc comme salaire mensuelle.

Comme le conseille, Mme Kahindo Jacqueline, enseignante à l’école secondaire Bwisha, il
faudra une collaboration étroite entre les écoles et les différents partenaires qui ont dans leur mission le bien-être des femmes, afin de trouver une solution durable, permettant aux filles de terminer leurs études.

« En tant qu’enseignante, je souhaiterais que chaque école au Congo dispose d’une chambrette de menstruation réservée aux filles où elles pourraient trouver des serviettes, des sous-vêtements et de l’eau propre. Un tel projet pourrait avoir un grand impact. » a-t-elle conclu.

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