Dans de nombreuses familles en RD Congo, lorsque les ressources sont insuffisantes, la priorité d’aller à l’école est réservée aux garçons, mais Charlène Faraja, une jeune Congolaise, refuse de rester les mains croisées.

Republique Democratique du Congo- Goma : Agée de 19 ans Charlène Faraja a appris à porter trop tôt des responsabilités bien trop lourdes. Diplômée d’État en techniques sociales en l’an 2018, Charlène n’a pas voulu rester sans poursuivre ses études supérieures en dépit du temps de la vache maigre que traversent ses parents.

« Mes parents m’ont clairement expliqué qu’ils avaient la capacité de faire étudier deux de mes frères seulement et que je reprendrais mes études une fois qu’ils auraient terminée » raconte-elle.

Hélas, Faraja est tellement futée qu’elle est parvenue à continuer ses études supérieures en faculté de médecine grâce a un petit business qu’elle a fondé Avec un capital de seulement 20$.

Tous les jours de la semaine hormis le dimanche, cette jeune fille d’une taille moyenne, et d’un teint noir, s’installe sous son parasol de marque Airtel pour revendre les crédits de communication aux passants. C’est sur l’axe routier Kinyumba en commune de Goma en face de l’UNIGOM qu’elle se met aux heures de pointe pour écouler ses produits avant de se rendre aux cours en vacation du soir à l’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Goma en G2 Pédiatrie.

« C’est de cette façon que j’arrive à payer mes études, » fait-elle savoir.

Selon Mbula Franck, un de leader coutumier chez les Hunde, il est vrai que dans certaines familles africaines on priorise la scolarisation des enfants garçons au lieu d’être impartial. D’après lui, l’un des obstacles à la scolarisation des filles est l’existence des normes sociales qui confèrent à la fille africaine le statut de future mère de famille que l’on suppose être incompatible avec l’école.

C’est ainsi que plusieurs jeunes filles acceptent de toutes mains de rester à la maison ou de s’adonner à la prostitution lorsque leurs parents décrètent qu’elles ne sauraient poursuivre leurs études universitaires faute d’argent.

À en croire l’UNESCO, le taux d’alphabétisation des femmes ne dépasse pas 50% dans plus de 12 pays d’Afrique subsaharienne, pendant que plus de la moitié des enfants non scolarisés sont des filles à travers le monde.

Se battre pour ne pas finir sans grade d’université est aussi la lutte de Rachel Nabintu, qui, tout comme Faraja, remue ciel et terre pour financer elle-même ses études vues que ses parents avaient, faute d’assez de moyen, décidé de la garder au chômage pour scolariser d’abord son frère aîné.

Aujourd’hui en terminal à l’Université de Goma en L2 Droit, Nabintu s’est affairé depuis son entrée à l’université à vendre des chaussures dame dans son auditoire et à sillonner les enclos de son quartier pour écouler sa marchandise.  « Je suis sûre que j’y parviendrai. Encore une année et je suis licenciée en Droit par mes propres efforts, » dit Nabintu , fière d’elle-même.

Pour Orthence Malonga, sociologue et enseignante à l’Université du Kivu, au regard de la conjoncture difficile de plusieurs familles de Goma, il devient souvent compliqué aux parents de supporter la charge académique de leurs enfants filles comme garçons. « Savoir s’auto-prendre en charge est très important pour la jeunesse aujourd’hui, » affirme Malonga. « Car les parents ne sont pas toujours en mesure de tout offrir à leurs enfants même s’ils aimeraient de tout cœur y parvenir, » conclut-elle.

Faraja, ne se lasseras avant d’avoir atteint son objective

« C’est difficile oui, mais je dois finir mes études et je serai pédiatre comme je l’ai toujours rêvé.» concluant Faraja d’un cœur confiant.

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